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Publié le 6 octobre 2017

Les chasseurs, des aménagistes et gestionnaires de la faune qui doivent être respectés

Par André-A. Bellemare

Durant les récentes semaines, il vous est peut-être arrivé de croiser des véhicules transportant des carcasses d’orignaux récoltés par des chasseurs. C’est que la chasse contrôlée et contingentée de l’orignal était en cours dans des réserves fauniques gouvernementales du Québec gérées par la SÉPAQ (Société des établissements de plein air du Québec, une société d’État) et dans certaines pourvoiries.

Puis, durant les derniers jours, cette chasse a pris une plus grande ampleur puisque d’autres territoires fauniques publics, dont des ZEC (zones d’exploitation contrôlée), sont devenus accessibles aux dizaines de milliers de chasseurs utilisant l’arc ou l’arbalète comme engin de chasse.

Enfin, dans quelques jours, lors la fête de l’Action de grâces, le gros du contingent des quelque 175 000 chasseurs d’orignal du Québec s’enfoncera dans les forêts dans l’espoir d’y récolter l’un de ces imposants cervidés sauvages. Dans quelques semaines, quelque 165 000 autres chasseurs, intéressés par la récolte du cerf de Virginie (ou «chevreuil»), viendront grossir les rangs de cette importante armée.

Des «outils d’aménagement»

La présence dans nos forêts de toute cette armée de chasseurs réjouit au plus haut point politiciens et fonctionnaires, mais surtout les scientifiques à l’emploi du gouvernement provincial. Parce que les chasseurs sont, depuis longtemps, considérés comme des «outils d’aménagement» de notre patrimoine faunique. Sans compter qu’ils contribuent largement au progrès économique des régions éloignées, qui en ont souvent besoin.

En effet, les scientifiques comptent absolument sur la participation des chasseurs pour stabiliser les populations d’animaux sauvages à un niveau physiquement et socialement acceptable. Il faut éviter que ces animaux ne détruisent les écosystèmes dans lesquels ils vivent, et qu’ils ne causent des dommages importants aux terres en culture, en plus de provoquer des collisions avec des véhicules circulant dans les routes sillonnant le Québec.

Cet automne, il y a plus de chasseurs que jamais intéressés à chasser les orignaux puisqu’il s’agit d’une saison dite «permissive» : dans la plupart des zones provinciales de chasse, il est permis (une année sur deux) de récolter autant les femelles adultes et leurs veaux que les mâles portant des bois ou «panaches». L’année suivante, sauf exceptions, la chasse devient «restrictive» : les femelles adultes en âge de se reproduire sont protégées presque partout.

Une réglementation extrêmement sévère

Il va sans dire que tous ces chasseurs sont tenus de respecter des règles très strictes régissant leurs gestes. Le livre complet de la réglementation contient plusieurs centaines de pages, mais les chasseurs peuvent se procurer un «résumé» de quelque 150 pages en format de poche (2,99 $) produit en commun par les six plus grandes fédérations du monde québécois de la faune. Les Magasins Latulippe vendent des exemplaires.

Les personnes qui ne chassent pas ou qui ne s’y connaissent pas tellement en matière de réglementation sur la chasse au Québec auraient tout intérêt à consulter les pages du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) consacrées à ces règles draconiennes que doivent respecter religieusement les centaines de milliers de chasseurs de chez nous : http://mffp.gouv.qc.ca/publications/enligne/faune/reglementation-chasse/index.asp Vous serez surpris d’y constater l’avalanche de règles restrictives, d’interdictions, d’exceptions, etc.

Le droit de chasser doit être respecté

Les policiers reçoivent chaque année plusieurs plaintes provenant de chasseurs qui ont été dérangés, embêtés, intimidés et menacés par des opposants à la chasse ou par des chasseurs agressifs cherchant à les empêcher de pratiquer leur activité. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) tient à rappeler à tous les citoyens que, selon les articles 1.3 et 1.4 de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, toute personne à le DROIT de chasser, de pêcher et de piéger en respectant les lois et les règles.

Toutefois, la loi n’établit pas de prépondérance pour ce droit de chasser sur la pratique d’autres activités pouvant être exercées sur le territoire.

Il est interdit de faire sciemment obstacle à une personne pratiquant légalement une activité de chasse, de pêche ou de piégeage, y incluant une activité préparatoire à une telle activité. Par cette expression «faire obstacle», on entend notamment le fait d’empêcher l’accès d’un chasseur, d’un pêcheur ou d’un piégeur sur les lieux auxquels il a légalement accès.

Évidemment, il est interdit d’endommager le mirador ou la cache d’un chasseur, d’incommoder ou d’effaroucher un animal ou un poisson par une présence humaine, animale ou toute autre, par un bruit, par une odeur ou par le fait de rendre inefficace un appât ou un leurre, un agrès, un piège ou tout autre engin destiné à chasser, pêcher ou piéger l’animal.

À la chasse, s’approprier des terres publiques et en empêcher l’accès à d’autres utilisateurs est absolument illégal. Le civisme, la cohabitation harmonieuse et le respect du principe d’équité d’accès pour tous sont vraiment de mise sur les territoires publics.

Code des bonnes pratiques dans les ZEC

La création des ZEC (zones d’exploitation contrôlée) en 1978 — voilà très bientôt 40 ans — a permis de redonner à l’ensemble des habitants du Québec un accès équitable au territoire public et à la ressource. Les citoyens, surtout les chasseurs, pêcheurs et piégeurs, doivent protéger cet acquis et s’engager en faveur du respect du droit d’accès et de chasse dans les ZEC.

Lors de votre passage à un poste d’accueil de la ZEC de votre choix, demandez au personnel de vous remettre le «Code de bonnes pratiques» et, surtout, signez-le pour vous engager à le respecter intégralement.

Toute entrave au droit de chasse ou à la libre circulation peut être dénoncée en communiquant confidentiellement avec le système «SOS Braconnage» en téléphonant au 1 800 463-2191.

Des permis pour dégager des sentiers en forêt publique!

Vous ne le saviez peut-être pas, mais vous devez absolument obtenir un permis du MFFP pour dégager des sentiers et des corridors de tir, afin d’accéder plus facilement au gibier ou de mieux l’apercevoir, lorsque vous chassez sur des territoires publics. C’et valable aussi lorsque vous aménagez des champs nourriciers et des plantations de végétaux pour attirer et nourrir le gibier! Pas de permis = infraction = amende…

C’est une loi qui existe depuis une demi-douzaine d’années, mais dont nous n’avons que très rarement entendu parler. En vertu de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, c’est le MFFP qui est le responsable de la planification forestière et du choix des travaux d’aménagement dans les forêts publiques. Le ministère rappelle que c’est lui qui élabore les plans d’aménagement forestier intégré tenant compte des besoins de la faune… et des utilisateurs.

Permission d’Hydro-Québec requise pour votre cache!

Autre chose que vous ne saviez peut-être pas : si vous établissez votre cache de chasse de gros gibiers le long des lignes de transport d’électricité d’Hydro-Québec, vous devez absolument obtenir l’autorisation de cette société d’État pour ce faire!

Pour obtenir cette autorisation, vous devez faire parvenir par écrit une demande à l’unité «Expertise immobilière» d’Hydro-Québec. Pour savoir la liste de tous les renseignements que vous devez fournir pour obtenir l’autorisation, consultez le petit onglet «Questions & Réponses» dans le bas de la page d’accueil du site web https://www.reseauzec.com

Récolte du bois de chauffage en forêt publique

Puisque nous traitons du sujet de l’accessibilité aux forêts publiques et aux ressources de ces territoires, je souligne que vous aurez besoin d’un autre permis pour bûcher du bois de chauffage dans la forêt entourant votre chalet ou de votre camp de chasse.

Ce permis vous permet de récolter un maximum de 22,5 m³ apparents de bois — 18 cordes de 4 ‘ X 8’ de bûches de 16 pouces — à 1,45 $ plus taxes pour chaque mètre cube apparent pour le bois de tout feuillus. Cette tarification peut être changée en tout temps… Vous devez vous présenter en personne dans un bureau local ou régional du MFFP, du lundi au vendredi, entre 9h et 12h et entre 13h et 16h avant le 3 novembre 2017.

Le MFFP rappelle que la récolte de bois de chauffage est limitée aux arbres qui ne sont pas propices à la production de bois d’œuvre dans les secteurs désignés. Le ministère souligne que «cette activité est soumise à des règles strictes ayant pour but d’assurer la protection des autres ressources du milieu forestier».

Réservez maintenant pour pêcher le saumon en 2018!

La pêche sportive à la mouche du saumon atlantique vient à peine de prendre fin dans la plupart des rivières du Québec qu’il vous faut déjà réserver votre place pour la belle saison de 2018, si vous désirez fréquenter des secteurs à accès contingenté de ces rivières-là.

Pour vous faciliter la tâche, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) a mis en ligne les formulaires de tirage pour chacune des rivières concernées sur la page web : http://fqsa.ca/?s=tirage Les saumoniers doivent remplir les formulaires d’inscription pour les tirages dans le cas des rivières de leur choix, et les faire parvenir aux organismes gestionnaires au plus tard le 31 octobre 2017 à midi.

N’oubliez surtout pas que la FQSA rend aussi accessible son fameux «Guide sur le réseau des rivières à saumon 2018». Ce document fort bien fait constitue un aide-mémoire sur les particularités de réservation de chacune des rivières. Ce Guide est un numéro hors série du magazine «Saumon» de la FQSA; il est présentement offert en format électronique à a page web suivante : http://fqsa.ca/wp-content/uploads/2017/10/guide_2018_final_interactif_v3_compress.pdf Les membres en règle de la FQSA obtiennent un exemplaire de la version «papier» de ce fameux Guide si recherché.

Prochain Salon des Armes de Québec : le 29 octobre

La Société des collectionneurs d’armes du Québec (SOCAQ) tiendra son prochain Salon des armes du Québec le 29 octobre, dans l’édifice de la Corporation des Salles (5100, boul. des Gradins, à Québec). Les membres de la SOCAQ y auront accès dès 8h, tandis que les visiteurs pourront entrer à compter de 9h pour bénéficier des offres exceptionnelles qui sont faites lors de la tenue de chacun de ces événements attendus.

Bien sûr, pour vérifier que toutes les transactions se déroulent dans le plus grand respect des lois et règlements, des représentants de la Sûreté du Québec sont présents durant l’événement. En plus de l’exposition et de la vente d’armes à feu, il y a aussi la présentation et la cession d’une foule d’objets militaires (baïonnettes, médailles, écussons, livres, etc.).

Pour réserver une table d’exposition, communiquez avec Denise Blais : 1 418 838-0032. Pour tout autre renseignement, téléphonez à Carol Robitaille, le présent de la SOCAQ : 1 418 838-0032.

Oies blanches : peu de p’tits gris

Les sauvaginiers qui s’intéressent à la récolte des oies blanches m’informent qu’ils ont vu peu d’oisons de l’année — les «p’tits gris», comme on les appelle familièrement — comme durant l’automne 2016. C’est aussi ce qu’ont constaté les scientifiques du Département de biologie et du Centre d’études nordiques de l’Université Laval.

Ces scientifiques vont annuellement «baguer» des oies blanches en août sur l’île Bylot, dans le Grand-Nord. Il y avait un nombre faible d’oisons, sous la moyenne à long terme. Le pourcentage des oisons en migration s’élèverait donc actuellement à 15 % environ, tandis que la moyenne à long terme est de 22 %. En 2106, ce pourcentage a été de 17 %.

Le nombre de nids et le nombre d’œufs dans les nids ont été assez faibles sur l’île Bylot cet été, à cause de la fonte tardive de la neige. Par malheur, la prédation sur les nids a été assez élevée, puisque les prédateurs (renards et harfangs) n’avaient pas de lemmings à chasser.

À propos de André-A. Bellemare Chroniqueur de chasse et pêche depuis 40 ans.

André-A. Bellemare participe à Latulippe.com depuis 1996. À ce jour, il a rédigé plus de 400 chroniques pour Latulippe.com Bien informé sur l'actualité du plein air au Québec, il vous offre sa science, son expérience, son vécu et ses opinions.

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