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Publié le 10 juillet 2017

Dans la réserve faunique de Portneuf : le «Club des 2 lb» toujours très actif

Par André-A. Bellemare

La réserve faunique de Portneuf — qui fêtera en 2018 son demi-siècle de création après un «déclubage» décrété en 1968 par le ministre Gabriel Loubier de l’Union nationale de l’époque — produit de belles grosses mouchetées bien grasses et très combatives.

Durant la semaine précédant la Fête nationale, j’ai pu encore le constater, en compagnie d’autres journalistes chroniqueurs spécialisés en chasse et pêche invités par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), cette société d’État qui gère le réseau des réserves fauniques gouvernementales de la province. Nous étions hébergés dans le chalet du Coteau, sur la berge du lac de Travers, au cœur de la réserve; ce chalet peut loger huit personnes au minimum dans quatre très grandes chambres. Nous avons pu bénéficier de l’attention constante de Roch Plante, gardien du lac de Travers (employé retraité du Mouvement Desjardins), et de son adjoint, Éric Bouchard, de Jonquière.

Ernie Wells accède au «Club des 2 lb»

L’un des pêcheurs de notre groupe, Ernie Wells, journaliste de Rimouski, a récolté une mouchetée pesant plus de deux livres — 955 grammes exactement— en plus de rapporter une brochette de belles truites pesant plus d’une livre chacune. Luc Larochelle, chroniqueur au quotidien «La Tribune» de Sherbrooke, qui pêchait dans la même embarcation que Wells, a capté les images de ce dernier qui illustrent cette chronique.

Depuis de nombreuses années, tous les clients de la réserve de Portneuf qui récoltent des poissons pesant deux livres et plus sont inscrits dans un livre d’or, que n’importe qui peut consulter dans les bureaux administratifs de la réserve, à Rivière-à-Pierre. Chaque année, des dizaines de clients deviennent membres du «Club des 2 lb» créé par Michel Coulombe, un ancien directeur de la réserve. À la fin de l’année, les membres du club reçoivent un certificat confirmant leur exploit. Pour ma part, je possède deux certificats de ce genre à mon nom.

Cinq espèces de poissons d’ordre sportif

Mais il n’y a pas que des ombles de fontaine («truites mouchetées») dans les 375 lacs et 11 rivières qui émaillent les 775 km² de superficie de la réserve de Portneuf. On y prend également des touladis («truites grises»), des moulacs (hybrides d’ombles de fontaine et de touladis), des ombles chevaliers («Arctic chars») et des maskinongés. C’est la mouchetée qui demeure la grande vedette de la majorité des 125 lacs et rivières exploités annuellement dans la réserve. Des clients de la réserve tentent aussi, durant une même saison, de réussir le «Grand chelem», c’est-à-dire de récolter dans ce territoire un poisson de chacune des cinq espèces mentionnées plus haut.

Je sais que vous souhaitez savoir les noms des lacs à gros poissons. Je ne vous les cacherai pas : Talbot, Proulx, Liévain, Pennée, Déchênes, Bourquin, Hizoire, Brancheau, Edgar, Lebrodeur, Gérald, de la Rivière, Grand central, Lapeyrère… entre autres! Sauf rares exceptions, ces lacs-là ne sont pas des «mers intérieures», mais des plans d’eau de dimensions raisonnables et dont les pêcheurs peuvent sillonner en tous sens durant une journée. Les pêcheurs séjournant dans l’un des 39 chalets de la réserve peuvent avoir accès à l’un des très bons lacs, selon le plan de pêche établi pour chacun des chalets.

Si ces lacs-là donnent assez régulièrement d’aussi impressionnantes mouchetées, à une centaine de kilomètres de l’agglomération urbaine de Québec, c’est parce que les dirigeants antérieurs de la réserve ont recommandé aux pêcheurs, au fil des ans, de restreindre le nombre de leurs prises. En fait, dans la réserve de Portneuf, on a toujours eu pour philosophie de ne pas récolter à tout prix la limite de prises, mais de limiter les prises récoltées autant que possible. Il y a aussi le fait que ces gestionnaires se sont préoccupés de nettoyer, restaurer et aménager les frayères naturelles utilisées par les truites, au lieu d’ensemencer les lacs.

La qualité des prises avant la quantité

On voit aujourd’hui les conséquences bénéfiques de cette façon de gérer les ressources fauniques du territoire : les clients reviennent constamment vers la réserve, parce qu’ils savent qu’ils pourront y faire une bonne pêche pendant encore de nombreuses années. De nos jours, les adeptes de la pêche à la ligne comprennent de mieux en mieux, et de plus en plus, qu’il faut dorénavant recherche la qualité des prises, non pas tenter de «pogner» une grande quantité de poissons.

Lors de mon récent séjour dans la réserve de Portneuf en compagnie de mes collègues journalistes, il a plu à seaux, pendant que les moustiques s’en donnaient à cœur joie à nous siphonner du sang. Évidemment, pendant ces averses aussi abondantes que soudaines, les mouchetées ne mordaient pas tellement, préférant nager en profondeur et ignorer nos leurres et nos mouches. Imaginez ce que ça aurait pu être, si les conditions atmosphériques avaient été plus favorables! Je suis convaincu que d’autres membres du groupe auraient accédé au «Club des 2 lb»!

C’est si près de chez vous!

La réserve faunique de Portneuf n’est pas située au diable vauvert : elle est immédiatement au nord de la localité de Rivière-à-Pierre, à seulement 40 km au nord de Saint-Raymond. La réserve est à 105 km au nord-ouest de Québec et à 100 km au nord-est de Trois-Rivières, donc à environ une heure en automobile de ces deux agglomérations urbaines. Pourtant, la réserve offre des poissons qu’on trouve habituellement dans des rivières et des lacs situés à des centaines de kilomètres des régions habitées.

Bien sûr, à cause de cette proximité avec un bassin de population aussi important, cette réserve faunique attire constamment une nombreuse clientèle, surtout pour les séjours en début de saison, particulièrement durant les fins de semaines. Mais, si j’étais vous, je vérifierais la possibilité de louer encore un chalet durant les journées de semaine : certains chalets sont libres durant ces journées-là, et c’est l’idéal pour y réaliser des vacances familiales agrémentées d’heures de pêche à la ligne. Téléphonez au Service des ventes et des réservations (SVR) de la SÉPAQ : 1 800 665-6527 (sept jours sur sept, de 9h à 19h). Vous pouvez aussi vous informer en téléphonant au poste d’accueil principal de la réserve situé à Rivière-à-Pierre : 1 418 323-2021.

N’oubliez pas que, depuis quelques années, la SÉPAQ ne tient plus de tirage informatisé pour déterminer l’ordre de priorité dans lequel les clients peuvent louer les chalets : c’est maintenant le principe du «premier arrivé, premier servi» qui prévaut. N’oubliez pas, non plus, que la SÉPAQ loue maintenant ses chalets un an à l’avance! C’est maintenant le temps, plus que jamais, de réserver votre chalet aux meilleures dates de 2018 dans la réserve de Portneuf! Renseignez-vous plus complètement su sujet de ces chalets en consultant attentivement le site web de la réserve : http://www.sepaq.com/rf/por/

16 des 30 chalets accessibles même en hiver

Les chalets de la réserve de Portneuf ont ceci de particulier qu’ils étaient, jusqu’à 1968, la propriété de membres de «clubs privés». Certains de ces bâtiments sont de véritables manoirs pouvant accueillir confortablement plusieurs personnes. Depuis la création de la réserve, ces chalets ont été constamment améliorés, aménagés et mis aux normes les plus récentes, surtout depuis l’an 2000. Ces dernières années, la SÉPAQ a consacré des sommes très importantes à la construction de nouveaux chalets. Vous y trouverez tout l’équipement nécessaire pour la préparation et le service de vos propres repas. L’éclairage est maintenant alimenté par des «panneaux solaires», au lieu des «lampes à poches» au propane. Chaque chalet est équipé de son poêle BBQ. Vous n’apportez que votre bouffe, votre literie, vos vêtements et votre équipement de pêche!

N’oubliez pas que 16 des 39 chalets de la réserve sont loués en hiver, surtout durant la période des Fêtes, pour la pratique de la pêche à travers la glace, de patinage, la glissade, la randonnée à skis ou en raquettes.

Le directeur Caron veut assurer votre quiétude

Lors de ce récent séjour dans la réserve de Portneuf, les journalistes présents ont pu discuter à loisir avec Mathieu Caron, le directeur de ce territoire faunique qui occupe cette fonction depuis maintenant un an (il a succédé à Marc-André Tremblay). Mathieu Caron, 40 ans, de L’Islet, est un ingénieur forestier passionné depuis longtemps de chasse et de pêche. Il est de cette nouvelle génération d’ingénieurs forestiers mordus de chasse et de pêche qui dirigent maintenant des réserves fauniques gouvernementales du réseau géré par la SÉPAQ. «Les exploitants forestiers agissant à l’intérieur des réserves fauniques ne peuvent pas nous en passer de p’tites vites!», dit-il avec un sourire moqueur.

Caron a supervisé pendant des années l’exploitation forestière dans la région de Windsor, en Estrie (pour Domtar), puis dans l’île d’Anticosti (pour Produits forestiers Anticosti). Il sait toute l’importance que les adeptes de la pêche et de la chasse accordent à la beauté du paysage et à la tranquillité durant un séjour en forêt. C’est la raison pour laquelle il promet de veiller à ce que l’exploitation forestière dans la réserve de Portneuf soit réalisée de manière à préserver la beauté du paysage et à assurer la quiétude de la clientèle des pêcheurs et des chasseurs.

Chasse du chevreuil pour la deuxième année en 2017

Mathieu Caron nous a fait savoir que la chasse du cerf de Virginie («chevreuil») aurait encore lieu, pendant une semaine, durant l’automne 2017. On y permettra la récolte de cerfs mâles à l’arc, à l’arbalète et à l’arme à poudre noire (selon la réglementation de la zone provinciale de chasse nº 27). L’automne dernier, c’était la première fois en une quarantaine d’années qu’on autorisait la chasse du chevreuil dans la réserve de Portneuf : 40 chasseurs en ont récolté 11.

Le directeur Caron soutient que sa réserve est comme une «petite île d’Anticosti» pour la chasse du cerf de Virginie : «Le chevreuils, qui n’ont pas été pourchassés pendant quatre décennies, ne sont pas peureux. Ils circulent même de jour à proximité des chasseurs», souligne-t-il. Selon les témoignages des clients de la réserve, il est possible d’observer plus de chevreuils que d’orignaux, même durant la saison de chasse.

En ce qui concerne la chasse de l’orignal, le directeur Caron mentionne que le succès des chasseurs a été de 40 % durant l’automne dernier — 50 orignaux récoltés par 116 groupes de chasseurs — même si les conditions atmosphériques n’ont absolument pas été favorables aux chasseurs.

Quant à la chasse de l’ours, de plus en plus populaire auprès des chasseurs québécois, elle est pratiquée dans la réserve de Portneuf avec l’aide de Stéphane Monette, de la Ferme Monette (de Saint-Rémi-d’Amherst), bien connu de la confrérie des chasseurs de gros gibiers. Mathieu Caron a été surpris de constater que les chasseurs d’ours sont surtout intéressés à récolter la viande des ursidés, et moins leur peau.

En passant, je vous précise qu’il ne vous servira à rien de tenter d’acheter un forfait de chasse en 2017 pour la récolte de gros gibiers (orignal, cerf, ours) dans la réserve faunique de Portneuf : le directeur Caron m’informe que ces forfaits ont tous été vendus. Il lui reste seulement quelques forfaits de chasse des petits gibiers à vendre (gélinotte huppée ou «perdrix», tétras du Canada et lièvre).

Bien du nouveau dans un futur prochain…

Le défi que Mathieu Caron entend relever dorénavant, c’est d’améliorer encore les infrastructures de ce territoire faunique. Il doit décider s’il faut refaire certains chalets construits voilà de très nombreuses décennies, ou bien les démolir pour les remplacer. Il doit aussi décider de construire de nouveaux chemins forestiers pour accéder à plus de plans d’eau de la réserve. Actuellement, les chemins principaux s’étirent sur 70 km, tandis que les chemins secondaires sont longs de 500 km. Mais il faudrait en établir plus, car environ 200 lacs du territoire ne sont pas accessibles (ils ne sont cependant pas tous «pêchables»).

À propos de André-A. Bellemare Chroniqueur de chasse et pêche depuis 40 ans.

André-A. Bellemare participe à Latulippe.com depuis 1996. À ce jour, il a rédigé plus de 400 chroniques pour Latulippe.com Bien informé sur l'actualité du plein air au Québec, il vous offre sa science, son expérience, son vécu et ses opinions.

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