Par André A. Bellemare
LE LAC DES MÂLES: ENCORE COMME AU PRINTEMPS!
Vous vous souvenez très bien qu'avant de vivre les journées chaudes actuelles, nous avons connu des semaines de jours frais, venteux, nuageux et pluvieux. Et ces semaines de temps printanier ont laissé des séquelles dans les territoires fréquentés par les pêcheurs à la ligne: dans certaines régions de la province, l'eau des rivières et des lacs est maintenant plus haute que ce qu'elle est normalement, au début du printemps, lors de la fonte de la neige en forêt! C'est le cas dans les lacs entourant le superbe lac des Mâles, dans le Secteur Croche-McCormick de la réserve faunique gouvernementale des Laurentides, gérée par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), société d'État chargée des réserves fauniques du gouvernement et parcs provinciaux.
Les adeptes expérimentés de la pêche sportive savent fort bien ce qu'une telle situation signifie: l'eau haute, qui inonde les berges, va chercher des insectes terrestres de toutes sortes pour les noyer dans les lacs; les poissons se gavent de ces insectes si apprétissants! Dans de telles conditions, la pêche est moins productive sur le coup, parce que les appâts naturels naturels ainsi importés et noyés dans les lacs font une féroce compétition aux leurres, appâts et mouches des pêcheurs…
Mais les adeptes qui ont déjà vécu pareilles conditions savent aussi ce que cette situation signifie: moins de truites ont été prises durant les dernières semaines, mais les mouchetées qui se gavent actuellement d'insectes terrestres naturels sont grasses à fendre… et grossissent encore plus! Vous comprenez donc que ce printemps 2008 prolongé est, en fait, une belle aubaine pour vous: les meilleures semaines de la saison de pêche surviendront de la mi-juillet au milieu d'août cette année! Surtout que, déjà, les plans d'eau entourant le lac des Mâles sont situés en altitude, ce qui leur permet déjà normalement d'offrir aux adeptes une pêche de nature printanière pendant plus de semaines que dans d'autres territoires.
LE PARADIS DES MOUCHEUX
Chaque année, les pêcheurs à la ligne récoltent tout près d'un demi-million de mouchetées dans la réserve faunique des Laurentides. Dans les lacs entourant le lac des Mâles, dans le sud-ouest de la réserve, les adeptes ont plus de chances de récolter des truites grosses, combatives, dodues, à la livrée très colorée, à la chair très rosée trés succulente. Et c'est dans ce secteur que les «moucheux» découvrent leur paradis! Pourtant, ce secteur n'est qu'à environ deux heures et demie de Québec en automobile: 130 km, dont quelque 50 km de routes forestières graveleuses au nord du rang Saguenay de Saint-Raymond de Portneuf.
Là, vous aurez vraiment l'impression d'être au bout du monde: trois chalets — deux pour deux clients et l'autre pour quatre pêcheurs — donnent accès à huit lacs et à une partie de la rivière Métabetchouane. Le gardien du territoire, Stéphane Saint-Onge, de Saint-Alphonse de Caplan (Gaspésie), un moucheur et un artisan monteur de mouches, traite les huit clients aux p'tits oignons. Dans un territoire si exclusif, tout est fourni dans le forfait (sauf les repas et la literie): moteurs hord-bord, essence, vestes de flottaison, coussins, épuissettes, bourriches, glacières, éviscération et empaquetage des prises!
Ceux et celles qui ont déjà fréquenté le lac des Mâles alors qu'il était géré par la Chambre de commerce de Saint-Raymond de Portneuf et qu'il n'était accessible qu'en hydravion, n'en croiront pas leurs yeux: voilà trois ans, la SEPAQ a rénové les chalets et en a construit un nouveau selon les normes les plus sévères. Finis les planchers et murs en contreplaqué, finis les quatre lits superposés dans une salle commune servant aussi de cuisine, finies les toilettes extérieures! Chaque chalet a sa salle de toilettes et de douches, ses éviers, cuisinière et refrigérateur et fournaise au propane, en plus d'un poêle à bois! Des galeries entourées de moustiquaires permettent de veiller su'l'perron…Vous accédez aux quais par un trottoir de bois jusqu'aux embarcations neuves en fibres de verre et à fond plat.
Denis Boivin, responsable du développement des services aux clients de la réserve des Laurentides pour la SEPAQ, nourrit des projets d'amélioration constante des lieux. Boivin suggère aux clients intéressés à découvrir ou à redécouvrir le site d'hébergement du lac des Mâles de s'empresser de joindre Gaétane Tremblay, la responsable de l'information à la clientèle de la réserve: 418 528-6868, poste 239. Si vous habitez hors de l'agglomération urbaine de Québec, vous pouvez joindre sans frais d'appel le Service des ventes et des réservations de la SEPAQ: 1 800 665-6527 (sept jours sur sept, de 8h30 à 21h).
LAURENTIDES À LA CARTE
La réserve faunique des Laurentides, située entre l'agglomération urbaine de Québec et celle de Saguenay offre tellement de possibilités pour la pratique de la pêche, de la chasse, de la villégiature et des activités de loisir que la Société des établissements de plein air du Québec publie une brochure de 32 pages de grand format pour… résumer les forfaits offerts.
Cette réserve a, à quelques kilomètres carrés près, la superficie de l'île d'Anticosti: elle est 52 fois plus grande que l'île d'Orléans, 40 fois plus grande que les îles de la Madeleine, 17 fois plus grande que l'île de Montréal et une fois et demie plus grande que la… province de l'Île-du-Prince-Édouard! Méchant terrain de jeux situé presque dans votre arrière-cour!
Les incrédules peuvent se faire livrer gratuitement la brochure Réserve faunique des Laurentides – Saison 2008 publiée par la SEPAQ. Adressez-vous au bureau principal de la réserve: 700, boul. Lebourgneuf, bureau 11, Québec, Qc G2J 1E2; tél.: 418-528-6868; courriel: laurentides@sepaq.com ; Internet: www.sepaq.com/laurentides
En fait, la réserve des Laurentides pourrait être comparée à un vaste restaurant pouvant accueillir environ 700 convives simultanément, tout en laissant à chacun des ces derniers le loisir de composer son menu à partir de la carte des plats très variés qui y sont offerts.
Sylvain Boucher, le directeur général de ce territoire plus grand qu'une province maritime, me souligne que les quelques 700 clients que Laurentides peut accueillir à la fois ont le choix de pêcher à la journée avec ou sans réservation ni tirage au sort, de pêcher avec séjour avec ou sans réservation ni tirage au sort, de séjourner sur le plan européen (sans les repas) ou sur le plan américain (repas compris), de séjourner avec ou sans guide, de camper ou de faire de la villégiature avec ou sans réservation ni tirage au sort, de chasser des gros gibiers (ours noir et orignal) avec ou sans réservation ni tirage su sort, de chasser des petits gibiers (lièvre, gélinotte huppée et tétras) avec ou sans réservation ni tirage au sort! Et Boucher de rappeler que les embarcations sont presque toujours fournies, que des moteurs hos-bord et d'autres pièces d'équipement peuvent être loués sur place… Que pourriez-vous demander de plus?
C'EST SI PRÈS DE CHEZ VOUS!
Vous constatez que la réserve des Laurentides est une vaste «colonie de vacances» ouverte aux familles québécoises. La fréquentation de ette destination vaut vraiment d'être analysée par les groupes familiaux en vacances, surtout au moment où surviennt une hausse pharamineuse du coût de l'essence…
Pour la pêche durant 2008, les clients des secteurs Montagnais, Hirondelle, aux Écorces, Portageurs et Gourgane pourront utiliser leurs VTT (autorisation préalable requise). Au lac Henri-Mercier, un chalet a été reconstruit pour quatre clients (séjours de trois jours). Le lac Brûlé, jusqu'à mintenant accessible par hydravion, peut dorénavant être atteint par voie terrestre (trois chalets pour quatre personnes, séjours de trois jours). Dess chalets loués pour des séjours de pêche ont un nouveau calendrier de location: Hirondelle, Montagnais, Aux Écorces, F.-X.-Lemieux, Myrica, Pikauba, Gourgane et Portageurs.
DANS L'ÎLE D'ORLÉANS: CHASSE DU CERF ENCORE MODIFIÉE
Même si la chasse du cerf de Virginie ou «chevreuil» n'est permise que depuis l'automne 2002 dans l'île d'Orléans, les gestionnaires provinciaux de la chasse des gros gibiers modifient presque annuellement les règles de pratique de cette activité dans l'île. Ils lle font encore en 2008.
Cet automne, l'abattage des cerfs mâles, des biches et des faons sera permis dans l'île, comme depuis l'automne dernier. Mais la période de chasse simultanément à l'arc, à l'arbalète et à l'arme à feu à chargement par la bouche sera coupée de moitié par comparaison à celle de 2007: elle ne durera que trois jours (du 7 au 9 novembre). La période de chasse simultanément à l'arc et à l'arbalète, elle, durera encore six jours (du 1er au 6 novembre), comme en 2007.
Pourtant, l'année dernière, le ministère avait assuré les chasseurs intéressés que la chasse du chevreuil simultanément à l'arc et à l'arbalète dans l'île débuterait dorénavant chaque année toujours le samedi le plus près du 1er novembre et durerait toujours six jours. Le MRNF avait alors aussi décidé qu'il y aurait toujours chaque année une période de chasse simultanément à l'arc, à l'arbalète et à l'arme à feu à poudre noire à chargement par la bouche qui commençerait le vendredi le plus près du 7 novembre et qui durerait toujours six jours.
Le ministère ne précise pas les raisons qui l'auraient amené à prendre sa décision. Mais des sources d'information m'ont souligné que plus de 165 abattages de cerfs ont été inscrits l'automne dernier auprès d'un seul délégataire agréé par le MRNF pour l'enregistrement des gros gibiers (dont le magasin est situé près de l'extrémité nord du pont de l'île) par des chasseurs ayant soi-disant chassé dans l'île. Ces 165 chevreuils auraient été soustraits à un cheptel que les scientifiques du ministère évaluaient auparavant à environ 250 ou 300 têtes… Ce qui accréditerait la thèse d'une «extermination» du cheptel de cerfs de l'île d'Orléans orchestré par le ministère pour plaire aux producteurs agricoles se plaingnant des lourds dommages causés aux champs cultivés par les chevreuils. En 2006, 102 chevreuils avaient été récoltés sur une population évaluée à quelque 200 bêtes.
Mais cet abattage de 102 chevreuils en 2006 et de 165 cerfs en 2007 est-il bien réell? Selon la rumeur qui court dans l'île, beaucoup moins de bêtes auraient été abattues là en 2006 et en 2007 que celles déclarées comme ayant été récoltées dans l'île d'Orléans. Car des chasseurs auraient profité des règles élargies sur la chasse dans l'île pour abattre des biches et des faons dans d'autres zones provinciales de chasse (où c'était interdit) et pour venir ensuite inscrire officiellement l'abattage comme s'il avait été fait dans l'île. Ce qui fausserait toutes les statistiques sur la chasse dans l'île, au détriment des chasseurs qui y vivent. Cela sera rendu plus difficle durant l'automne prochain, puisque les périodes de chasse dans l'île seront alors harmonisées avec celles existant dans le reste de la zone provinciale de chasse nº27-Ouest, dont l'île fait partie.
Il n'y a pas de permis spécial de chasse du chevreuil à acheter pour chasser dans l'île: il suffit de se procurer le permis de chasse général vendu pour la chasse dans tout le Québec continental (excluant l'île d'Anticosti). Il n'y a aucune limite au nombre de permis de chasse du chevreuil vendus pour chasser dans l'île d'Orléans, et il n'y a aucun tirage au sort spécial de permis de chasse pour chasser les gros gibiers dans l'île d'Orléans.