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Chroniques Plein air de Magasin Latulippe > André A. Bellemare

EN MAURICIE, MALGRÉ UNE CANICULE SURVENANT INOPINÉMENT EN MAI, ÇA MORD!
Par André A. Bellemare
Chroniqueur de chasse et de pêche Quotidien LE SOLEIL (Québec)
publié le vendredi 28 mai 2010

À la mi-mai, alors que commençait une longue période de journées très ensoleillées et très chaudes, je pêchais le touladi (truite grise) et l'omble de fontaine (truite mouchetée) dans la réserve faunique gouvernementale du Saint-Maurice, située à l'ouest de la rivière du même nom entre Grand-Mère et La Tuque.

Cette excursion-là constituait un réel contraste avec celle de la semaine précédente que j'avais faite dans la même région, alors qu'il m'avait fallu pêcher tout emmitouflé dans de chauds vêtements pour affronter le froid, le vent et la neige! Une semaine plus tard, dans la réserve faunique du Saint-Maurice, je ne pouvais à peine endurer une chemise sur le dos...

Charles Côté, directeur de cette réserve faunique gérée par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), m'avait invité à pêcher le touladi à la mouche «presque en surface». En effet, Côté était convaincu que les grises nageraient encore sous quelques mètres d'eau seulement, à la fin de mai, avant de regagner leurs repaires usuels d'été dans les fosses profondes. Mais il ne pouvait prévoir que le temps totalement chamboulé au Québec depuis des mois, aurait d'aussi importantes conséquences sur le comportement des poissons...

Puisque les touladis ne manifestaient nullement leur présence à la surface, dans les baies relativement peu profondes des lacs et autour des pointes de roches submergées — là où ils devraient normalement chasser leurs proies à la fin de mai et au début de juin —nous avons pêché en eau plus profonde. Nous nous sommes éloignés un peu des hauts-fonds (où l'eau peu épaisse est réchauffée plus rapidement par le soleil après la disparition de la glace) pour pêcher à la traîne avec des soies lestées et des streamers plus gros et plus lourds. Mais, malgré l'utilisation de streamers très colorés normalement bien efficaces — Magog Smelt, Juneau Smelt, Woolly Bugger, Muddler Minnow, AndréA, Mickey Finn — nous n'avons pas réussi à rapporter un touladi à trois pêcheurs. Nous avons senti de rares tirettes, mais aucune morsure franche.

Des pêcheurs expérimentés, munis d'une quincaillerie élaborée et d'appâts — sonar, down rigger, cuillers, poissons-nageurs articulés, lombrics... — ont connu un peu plus de succès en multipliant leurs efforts. Ce fut le cas de deux vieux amis de la région de Montréal apparaissant sur la photo publiée ici: Loris Terzakian (à gauche) et Bertrand de Carufel, qui sont bien fiers de nous montrer deux touladis récoltés dans le grand lac Normand situé en face du très confortable chalet en bois rond qui les hébergeait à la mi-mai.

Mais, dans un autre lac que nous avons fréquenté, beaucoup plus petit et moins profond, les ombles de fontaine étaient actifs, gobant à la surface des éphémères de quelques espèces d'insectes aquatiques émergeant de l'onde. Nous ne nous attendions pas, surtout en tout début de saison, à voir autant d'insectes aquatiques émerger à la surface simultanément en plein cœur du jour. Et nous ne nous attendions pas non plus, malgré toute cette succulente nourriture si naturelle apparaissant à leur portée, à voir les mouchetées gober quand même nos streamers traînés près de la surface à l'aide de soies flottantes.

Me souvenant qu'un de mes compagnons de pêche de Lévis, Gilles Aubert (conseiller d'orientation retraité), utilisait avec succès dans ces conditions le streamer Professor monté sur un hameçon de format réduit, j'en ai sorti quelques exemplaires d'un coffret de mouches. Mes compagnons et moi avons lancé des Professor entre les ronds de gobage faits par les ombles chassant des éphémères. C'est ainsi que nous avons récolté 19 truites mouchetées à trois, dont certaines mesurant 33 ou 35 cm de long (13 et 14 po).

Au cours des dernières décennies, j'ai déjà pris des mouchetées longues comme le bras dans certains des quelque 85 lacs exploités sur les 245 que renferme cette réserve faunique gouvernementale mauricienne d'une de 785 km carrés. Si vous connaissez des pêcheurs fréquentant la réserve faunique du Saint-Maurice, ils vous ont sans doute eux aussi montré fièrement des photos de leurs prises, et vous ont raconté leurs prouesses: vous devez les croire! Vous comprendrez pourquoi la limite des prises y est de trois, cinq ou sept truites (au maximum) par jour par pêcheur, tout dépendant des lacs fréquentés. Le maximum de la limite des prises et de possession est de sept mouchetées par pêcheur, et c'est bien ainsi. Cette réserve daunique est un paradis pour moucheux!

Le directeur Charles Côté vous invite à vérifier si des chalets sont encore libres durant les prochaines semaines; téléphonez au poste d'accueil de la réserve: 1 819 646-5687. Ou joignez, sans frais, le Service des ventes et des réservations de la SEPAQ: 1 800 665-6527 (de 8h30 à 20h, sept jours sur sept).

La réserve offre en location une trentaine de chalets (pour deux à huit clients chacun) et trois terrains de camping (100 emplacements). L'entrée de la réserve est à Rivière-Matawin, à 200 km ou à moins deux heures et demie de Québec.

Les territoires fauniques où vous récolterez des truites mouchetées de la qualité de celles que vous prendrez là sont rarissimes dans le sud du Québec. Profitez-en donc bientôt!


Prochaine chronique 15


Note aux lecteurs :
Les opinions exprimées dans nos chroniques n’engagent que les auteurs
des textes et ne représentent pas nécessairement ceux de Magasin Latulippe.
Bonne lecture.