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Chroniques Plein air de Magasin Latulippe > André A. Bellemare

LES MRC GÉRERONT-ELLES LE CAMPING DANS PLUS DE 80 ZEC DU QUÉBEC ?
Par André A. Bellemare
Chroniqueur de chasse et de pêche Quotidien LE SOLEIL (Québec)
publié le samedi 10 avril 2010

À la fin de 2009, je vous prévenais qu’une ère de régionalisation dans la gestion de la pêche et de la chasse commençait au Québec. Je vous rapportais alors les vives craintes manifestées par des gestionnaires bénévoles de territoires fauniques, dont ceux des zones d’exploitation contrôlée (ZEC), concernant l’intrusion dans ce domaine-là des élus des municipalités régionales de comté (MRC). Cette invasion des MRC est déjà commencée, depuis le 1er avril, et tout nous porte à croire qu’elle ira s’amplifiant...

 

Dans le plus récent bulletin de la Fédération québécoise des gestionnaires de ZEC (FQGZ), le directeur général Jean-Claude D’Amours révèle qu’une MRC tente même actuellement de réglementer la taille des roulottes autorisées à pénétrer dans une ZEC ! Cela, sans égard au fait que les conditions d’accès ou de séjour dans les ZEC relèvent d’une loi particulière — Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune - LCMVF — et non pas des pouvoirs généraux des municipalités.

 

Le dg D’Amours  est convaincu que les règlements municipaux concernant le camping, que ce soit pour l’interdire, pour reconnaître des droits acquis ou pour régir l’implantation de sites, ne peuvent pas s’appliquer sur les territoires des ZEC, puisque la pratique d’activités sur les ZEC est régie par la LCMVF ». Pour lui, la taille d’une roulotte pénétrant dans une ZEC ne relève ni des normes de construction, ni de celles sur l’environnement.

 

Vous savez très bien que e gouvernement québécois cherche, depuis au moins trois décennies, à faire porter à d’autres épaules — dont celles des MRC — le fardeau de la gestion de la pêche et de la chasse. Cela, bien sûr, sans diminuer les impôts ni taxes. Les adeptes doivent donc s’attendre à payer plus dans l’avenir pour soutenir de nouvelles structures régionales de gestion de la pêche et de la chasse. Pêcheurs et chasseurs vivront aussi une multiplication des règlements, des permis, des tarifs, des droits d’accès, des tirages au sort, des frais d’administration, etc.

 

Et la gestion des biens collectifs que sont le patrimoine faunique et les habitats de la faune risque de ne pas être semblable d’une région à l’autre !... Cette gestion pourrait devenir très dépendante des impératifs de développement économique et de l’électoralisme de petites vedettes politique régionales.

 

Pensez au cas de la gestion de la réserve faunique gouvernementale de Dunière, en Gaspésie, qu’une politicienne de la péninsule a sortie du réseau d’une société d’État — la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) — pour la livrer à une association régionale de citoyens. Un membre de la MRC concernée a eu le culot de proposer que 40 % des forfaits de chasse de l’orignal dans la réserve faunique de Dunière soient réservés à la population régionale, et non pas offerts à tous les chasseurs du Québec ! Cet transfert de la réserve de Dunière à la population régionale a même été appuyé par la députée péquiste du coin ! Pourtant, l’un des leitmotivs du Parti québécois n’est-il pas : « Le Québec aux Québécois ! », et non pas : « Chaque partie du Québec à chaque région ! »...

 

Vous pouvez dès maintenant parier, sans trop grand risque de vous tromper, que le bien-être des pêcheurs et chasseurs de l’ensemble du  Québec sera mis de côté par des élus régionaux cherchant à favoriser leurs électeurs. Les lacs et forêts ne seront-ils dorénavant accessibles qu’aux propriétaires riverains des plans d’eau ou qu’aux contribuables locaux, comme c’est de plus en plus le cas dans les régions ?

 

 

La FQCP a construit son propre édifice

 

Le ministre Serge Simard — délégué au secteur Faune du ministère des Ressources naturelles et de la Faune  (MRNF) — a révélé récemment qu’il a donné le mandat à André Martin, pdg de la Fondation de la faune du Québec (FFQ), de voir à ce que les grandes fédérations du monde de la faune deviennent colocataires d’une seule Maison de la faune, où elles pourront partager les locaux, l’équipement et le personnel, ce qui leur permettra de collaborer plus étroitement et d’épargner de l’argent.

 

Cette annonce faite par le ministre Simard durant le banquet de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) a fait vivement sursauter la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs (FQCP) : le directeur général de cette FQCP Alain Cossette m’a affirmé que sa fédération termine présentement la construction de son Domaine de la faune dans une forêt urbaine de Saint-Agustin-de-Desmaures... Il est même prévu que la cérémonie d’inauguration de l’édifice sera tenue au début de juin.

 

Cossette soutient que la construction de cet édifice, après avoir provoqué un tollé dans la population locale, a été socialement acceptée depuis par les voisins concernés. Si la FQCP nomme ce bâtiment Domaine de la faune, c’est que la FQCP a appris que le nom initialement choisi de Maison de la faune est enregistré par un musée situé à Baie-Comeau.

 

Malgré tout cela, le pdg André Martin de la FFQ m’a assuré qu’il continuait quand même de respecter le mandat qui lui a été confié par le ministre Simard : il poursuit sans relâche ses démarches auprès des autres fédérations en vue de l’occupation d’un édifice communautaire. Les autres principales fédérations du monde de la faune au Québec sont : la Fédération québécoise des gestionnaires de ZEC (FQGZ), la Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ), la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA), la Fédération des groupements gestionnaires de rivières à saumons du Québec (FGRSQ) et la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec (FTGQ). Il ne faut pas oublier les associations régionales de trappeurs indépendants, les associations régionales de sauvaginiers, ainsi que la nouvelle Association des pêcheurs sportifs du Québec (APSQ) créée par des gens déçus de la FQCP.

 

 

De plus en plus de cerfs au Saguenay—Lac-Saint-Jean

 

Voilà une quarantaine d’années, des scientifiques du gouvernement québécois affirmaient que le sud de notre province était la « limite nord de l’aire de distribution » du cerf de Virginie en Amérique du Nord. Ça, c’était lorsqu’il ne restait plus que 3000 chevreuils dans tout Québec continental.

 

Maintenant qu’il y a cent fois plus de chevreuils dans le Québec — sans compter les quelque 160 000 dénombrés dans l’île d’Anticosti —, des scientifiques affirment que c’est parce qu’ils ont bien géré les hardes de ces cervidés en imposant aux chasseurs une réglementation très restrictive…

 

Des vieux de la vieille parmi les chasseurs soutiennent, eux, que c’est parce que les hivers des dernières décennies ont généralement été tardifs et cléments, les printemps hâtifs et doux, les étés secs et chauds, et les automnes fort agréables.

 

Quoi qu’il en soit, on aperçoit de plus en plus de chevreuils dans des régions comme le Saguenay et le Lac-Saint-Jean, assez éloignées du sud-ouest du Québec. Tellement, en fait, que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) procédera, durant l’hiver 2011, à un inventaire des hardes de cerfs dans ces deux régions.

 

Afin d’orienter les travaux de ses scientifiques, le MRNF sollicite la collaboration des citoyens de ces deux régions pour qu’ils lui indiquent les territoires où ils ont observé des chevreuils durant les hivers précédents : coordonnées géographiques (idéalement par points GPS), puis dates et types d’observation (ravages, nombre de cerfs, pistes...). Communiquez vos renseignements au biologiste Claude Dussault (tél. : 418-695-8125, poste 339 ; courriel : claude.dussault@mrnf.gouv.qc.ca ). Le dernier inventaire des cerfs de Virginie dans ces régions a eu lieu en 1989 autour du lac Kénogami.

 

 

Initiation à la chasse des migrateurs avec l’ASGRQ

 

L’Association des sauvaginiers de la grande région de Québec (ASGRQ) continue son merveilleux programme d’initiation à la chasse des oiseaux migrateurs en 2010. Cette année, l’ASGRQ souhaite former 40 nouveaux adeptes de la pratique de cette chasse : 30 files et garçons âgés entre 12 et 17 ans, ainsi que 10 adultes âgés de 18 ans et plus.

 

Ces futurs sauvaginiers participeront aux cours fédéraux obligatoires du Programme de sécurité dans le maniement des armes à feu, ainsi qu’aux cours québécois obligatoires d’initiation à la chasse avec armes à feu. Il y a une journée de formation théorique en salle, puis une demi-journée de tir sur des pigeons d’argile et, enfin, une demi-journée de chasse sur les battures en présence de moniteurs expérimentés.

 

Les coûts de participation totalisent 106$, mais l’ASGRQ a l’habitude, chaque année, de rembourser la majeure partie de ces coûts grâce à la générosité de commanditaires et de donateurs. Pour plus d’information concernant ce programme d’initiation de l’ASGRQ, consultez le site Web de l’association : www.asgrq.com , ou bien laissez vos coordonnées au (418) 688-7830 pour qu’on vous rappelle.


Prochaine chronique 21


Note aux lecteurs :
Les opinions exprimées dans nos chroniques n’engagent que les auteurs
des textes et ne représentent pas nécessairement ceux de Magasin Latulippe.
Bonne lecture.